Gimme the Loot

Gimme the Loot

gimme the loot

Graffiti, you know, spray paint, writing on walls, climbing on buildings, …

 

Gimme the Loot est une tranche de vie new-yorkaise, une plongée réaliste dans le quotidien de Malcolm et Sofia, deux jeunes graffeurs du Bronx un peu fauchés qui cherchent à poser leur graff sur la pomme géante du Shea Stadium.

  • Fuck hipsters and yuppies

Le jeune et jusqu’alors inconnu réalisateur Adam Leon filme le New York populaire du Bronx et du Queens. Exit le Manhattan huppé de Gossip Girls ou le Brooklyn hipster des copines de Lena Dunham; Gimme the Loot se pose en totale opposition à cette ville parfaite symbolisée par des gratte-ciels propres et brillants. Ces derniers sont remplacés par des terrains vagues et des squats. Le film ressemble presque à un documentaire par cet aspect réaliste, par cette envie de montrer le New York des jeunes dans la galère.

Mais c’est avec brio que le pathos est évité : on découvre le mauvais côté de la ville sans pour autant sombrer dans une histoire mélodramatique sur la terrible condition des plus démunis. Le film n’est pas une grossière analyse sociologique des quartiers pauvres de New York et on ne peut pas réduire les deux protagonistes à de simples représentants d’une classe sociale. La pauvreté ou la délinquance sont omniprésentes sans pour autant étouffer le reste, ces thèmes sont traité très subtilement.

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  • Amitié, amour et graffiti

Gimme the Loot c’est simplement un moment de la vie de Malcolm et Sofia dans New York. Bien que ça soit l’envie de taguer la grosse pomme du Shea Stadium qui amorce l’histoire et la continue, le film s’éloigne assez vite de l’aspect graffiti pour se concentrer sur la relation entre les deux jeunes. Une relation complexe qui ne cesse d’évoluer mais qui ne s’établit pas durablement, la limite entre amitié et amour est floue. Malcolm et Sofia sont-ils amis ou amants ? Au spectateur de deviner la nature de leur relation.

Caractéristiques de la vie dans une grande ville, les protagonistes sont toujours en mouvement. En métro, en vélo, à pied ou en voiture, ils arpentent New York. Un mouvement constant sublimé par un montage de qualité qui rythme à merveille les déambulations des graffeurs dans la grosse pomme.

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  • Digne héritier de Woody Allen

Enfin, Adam Leon nous livre un film joyeux plein d’entrain qui redonne le sourire et la bonne humeur. Le jeu très spontané d’acteurs inconnus donne une certaine fraîcheur et fait de Gimme the Loot un film indépendant réussi. Véritable ode à New York, à la ville, le réalisateur se rapproche des premiers films de Woody Allen (qu’il considère comme son “maître”). En effet, on retrouve dans Gimme the Loot le même amour pour la ville que dans Manhattan. Ainsi on peut considérer Adam Leon comme un héritier de Woody Allen qui a su choisir un angle d’attaque différent. Alors que Woody Allen se concentre sur les intellectuels, les écrivains, etc, Adam Leon s’intéresse aux jeunes, aux graffeurs, … 

En fin de compte, Gimme the Loot est un excellent film indépendant qui relate les aventures de deux jeunes graffeurs dans un New York réaliste. Adam Leon nous livre une sorte de version modernisée et rajeunie de la filmographie de Woody Allen (Manhattan, Annie Hall). De plus, Gimme the Loot est une ode à la jeunesse dont la ville est le terrain de jeu.

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